samedi 24 août 2013

À l'école, tu vas devoir te passer de ta tétine ...

Parfois il y a des histoires pour quelque chose. 
Ce sont des histoires qui ne sont pas que là pour rêver. 
Parfois il y a des histoires écrites par des adultes, pour faire passer un message à l'enfant. 

Aujourd'hui l'art de dire à un enfant, qu'il serait temps d'arrêter de sucer sa tétine. 



Pour commencer il y a un album que j'aime beaucoup ...

Ma tétine chérie 
de Maribeth Boelts et de Kathy Parkinson
Calligram, 2006.

Timi le lapin a eu une tétine pour se calmer lorsqu'il était un tout petit bébé. Puis il l'a gardée. Il pouvait tout faire avec, parler, marcher, jouer... Un jour il se rend chez le dentiste, qui lui conseille d'arrêter de la prendre, sinon il risque d'avoir des dents de travers. Il lui donne une astuce, qui n'est pas révélée au lecteur dans un premier temps. Puis au fil de l'histoire, on comprend. 
Timi le Lapin ne doit plus avoir sa tétine toujours sur lui. Il doit la laisser dans sa chambre. Il n'a pas interdiction de la prendre, non juste de la sortir de sa chambre. Au début lorsqu'il jardine avec sa maman, il fait un aller-retour dans sa chambre, pour un petit câlin avec sa tétine. Puis peu à peu les activités deviennent plus intéressantes que la tétine. L'espace autorisé pour la tétine réduit peu à peu, de la chambre, on passe au lit, puis à une simple chaise. Timi Lapin finit par ne plus avoir besoin de la tétine et elle disparaît dans le bazar de sa chambre. 
Une histoire qui peut donner envie d'imitier Timi le Lapin. Une manière d'arrêter la tétine, qui est douce, mais quand même restrictive, pour être efficace. Ce que je préfère: le rôle de la maman en plein milieu de la nuit. Lorsque Timi se réveille, et réclame sa tétine, sa maman lui propose d'essayer de se rendormir avec une histoire plutôt de prendre tout de suite la tétine.

Un album bien fait que je conseille aux enfants de 2-3 ans pour qui c'est le moment d'arrêter la tétine (et à leurs parents!) .  

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Et puis il y a l'album de Catherine Dolto ... Je le cite, car l'auteur est connu, car vous le trouverez en librairie, mais sur le sujet il y a beaucoup mieux. 

Y'en a marre des tototes
de Catherine Dolto et Colline Faure-Poiréé
illustré par Frédérick Mansot
Gallimard Jeunesse, 2007. 

Déjà il y a l'utilisation de ce mot "totote", comme pour bêtiser encore plus cet objet. Et puis il y a la culpabilisation, 
"C'est bien jusqu'à trois mois, mais après ça ne sert plus à rien et c'est même un peu ridicule". 
Trois mois... Trois ans, personnellement j'aurai dit. Une tétine à lâcher en même temps que les couches, et que l'entrée à l'école. 
Et puis il y a ce passage sur les parents, 
"Il y a des parents qui ne nous aident pas à nous en séparer. Même si on fait exprès de perdre nos tototes, ils en rachètent tout le temps."
Pour rencontrer des parents et des enfants très régulièrement, dans mon travail, qui est dentiste pédiatrique, je peux dire, que c'est vrai que certains parents n'aident pas, qui ont envie que leur enfant reste leur tout petit bébé, mais je n'ai pas vu d'enfant qui se rebellait contre son père ou sa mère, car celui-ci l'obligeait à mettre la tétine dans la bouche. 

Alors non, et non, ce livre je vous le déconseille. Il y a d'autres manières de dire à l'enfant qu'il doit grandir et à ses parents qu'il faut le laisser devenir un enfant et plus un bébé. Ce livre me donne l'impression d'un index pointé vers l'enfant et ses parents, disant "Ohlala, c'est mal. Quelle horreur ! C'est pas bien du tout ! "... 
Personnellement je passe et je choisis l'humour !

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La tétine de Nina
de Christine Naumann-Villemin
illustré par Marianne Barcilon
L'école des loisirs, 2004. 

Nina a réponse à tout, lorsque sa maman lui dit qu'elle ne pourra pas garder éternellement sa tétine. En promenade, à la piscine pour aller au travail, à son mariage, pas de problème, Nina se voit très bien avec sa tétine dans la bouche. Lors de cet échange questions-réponses, l'accent est mis sur le défaut de prononciation provoqué par la tétine. 
Puis Nina décide d'aller se promener et tombe sur le Grand Méchant Loup... On se doute que Nina finira sans tétine. Mais de quelle manière ? Je ne gâcherai pas la surprise. 

Une histoire simple, et en même temps très drôle et très rythmée. Approuvé par Capucine, qui l'a lu et relu, lorsqu'elle a pris la décision d'arrêter la tétine. 


Il avait déjà été question d'histoires avec des suceurs de tétine, à plusieurs reprises...
Anna jette ses tétines de Kathleen Amant
Tétine Ier de Pef

Et bien sûr l'incontournable Tétine Man !
Tétine Man de Christophe Nicolas et Guillaume Long
Tétine Man est le plus fort de Christophe Nicolas et Guillaume Long
Tétine n'a peur de rien de Christophe Nicolas et Guillaume Long

vendredi 23 août 2013

Kako le terrible - Emmanuelle Polack et Barroux

Kako le terrible 
d'après un véritable fait divers qui eut lieu au Jardin des Plantes de Paris en 1903
d'Emmanuelle Polack
et de Barroux
La Joie de Lire, 2013. 


Il y eut à la Ménagerie du Jardin des Plantes de Paris, un hippopotame nommé Kako. Cette histoire est vraie. Le gardien ne s'appelait pas Séraphin. Mais Kako fit bien des victimes. J'aime cette idée de reprendre un fait divers, qui a du animer les visiteurs du Jardin des Plantes, il y a un siècle. Y a-t-il encore beaucoup de gardiens de zoo qui meurent dévorer par les animaux, dont ils prennent soin ? 

J'aime cette idée de parler d'animaux qui étaient gardés dans des conditions de captivité différente, à celles d'aujourd'hui. La visite au zoo sera peut-être différente la prochaine fois. 

Et puis dans cet album par-dessus tout, j'aime le travail de Barroux. Il a su associer le texte récent d'Emmanuelle Polack, l'adaptation d'un fait divers pour les lecteurs de maintenant, avec le véritable fait divers, vieux de plus de 100 ans. Il y a vraiment Kako dans ces pages. 


Pour représenter le corps de l'hippopotame, Barroux a découpé des cartes postales comme celle-ci, qui sont des photos de Kako. De petit, il devient énorme, dans la réalité mais aussi dans la double-page. Kako prend de plus en plus de place. D'un morceau de carte postale au début, il se transforme en un assemblage de plusieurs à la fin.

Un album tout en longueur, dont j'ai apprécié le graphisme et la réalisation. Un album coup de coeur, comme pratiquement tous ceux de Barroux que j'ai lus.

jeudi 22 août 2013

L'imagier - Delphine Chedru

L'imagier 
de Delphine Chedru


C'est étrange, l'association d'un auteur et d'un créateur de tissu, Petit Pan.
C'est étrange, mais l'idée m'a plu.
C'est étrange de découvrir plus de 100 mots colorés par des motifs imprimés.

Rien qu'avec sa couverture, cet imagier me plaît. Une pomme et une poire. Et du rouge, j'aime bien le rouge. On le retrouve très vite sur le camion de pompier, qui semble filer à toute allure. 
Au départ, les mots sont simples. Ils nomment les objets que l'on trouve dans la chambre d'un enfant. Les mots se suivent, comme si on arpentait la maison, pièce par pièce, et que l'on regardait autour de soi. Les jouets, puis les ustensiles de cuisine. Dans les premières pages, on retrouve le quotidien des enfants. Les tissus sont découpés pour former une partie de l'objet, ensuite il y a le lait, cette fois le tissu tapisse le fond de la page, et le blanc du lait ressort sur les petits pois noirs sur gris. 

Après avoir enfilé un manteau, des moufles et mis une écharpe et un bonnet, le lecteur est poussé dehors pour découvrir le jardin, les fleurs, mais aussi un grand nombre de fruits et de légumes. Ainsi de suite, par association d'idées, comme si l'enfant parcourait le jardin, de la même manière qu'il l'aurait fait dans la maison, on découvre les animaux, le paysage avec l'herbe, le soleil, ou encore les nuages. À partir de sa petite chambre, de son petit univers, le lecteur est  invité à voir plus grand, à regarder plus loin, vers le jour, la nuit et les étoiles. 

Toutes les vingt pages environ, les objets, précédemment cités, prennent vie dans une mise en scène. On retrouve le lapin avec la trompette et la poupée qui part en ballade sur le camion de pompier. 

Bien plus qu'un catalogue, je trouve que cet imagier est rempli de poésie. Voici un beau travail d'édition, une mise en relation réussie entre des créateurs, qui associent des mots, des couleurs, des textures. 

Coups de coeur particuliers pour le livre (il y a le rouge encore, et les deux couettes de la petite fille), l'aubergine (le tissu avec les motifs violets, convient parfaitement à ce légume) et la double-page la montagne et la mer (tout simplement magnifique).


Pour suivre les actualités de cette toute jeune maison d'édition, il y a le site internet Marcel & Joachim, ainsi que la page Facebook. J'espère à bientôt pour d'autres belles découvertes, aussi délicieuses que cet imagier. 

mardi 20 août 2013

Le jardin du Thabor - Libération de livres

C'est l'été, le ciel est bleu, faiblement tacheté de blanc. 
Les fleurs doivent être belles. 
Cela doit être agréable de lézarder au soleil. 

Il me faut une excuse pour aller me promener, une petite pile de livres à libérer me tend les bras. 
Quelques coups de ciseaux et un peu de colle plus tard, les livres sont prêts. 
Un peu de monnaie dans les poches, mes clefs, mon téléphone pour prendre les photos. 
C'est parti !

Direction: Le jardin du Thabor, centre-ville de Rennes (Ille et Vilaine - Bretagne)



Des escaliers à monter. Un livre laissé au pied des marches. 
Ça sent bon la lavande. Ça bourdonne intensément. 




Tout en haut, l'entrée du parc. La vue est belle.
Un livre profitera de cet horizon. Mais pas trop longtemps...
Un livre libéré aime retrouver un lecteur, pour une nouvelle fois partager son histoire. 


    


Chaque tome de la série Les filles au Chocolat de Cathy Cassidy trouvera sa place. 
Au milieu des fleurs ...




.... Comme pour assortir les couleurs. 




Un banc puis un autre. Des fleurs, mais aussi des oiseaux. 
Les promeneurs déambulent dans les allées, puis s'assoient pour discuter ...



Un kiosque pour des musiciens potentiels. 
Un personnage de roman, qui aurait peut être aimé jouer ici un soir d'été. 




Un banc public pour Balthazard ...




Puis un autre livre sur un autre banc ...
Je l'ai déposé, puis je suis repassée. Il y avait une dame en train de le bouquiner. 
Petit plaisir personnel. Je me suis assise en face pour l'observer. 
C'est pour ces moments volés que je prends plaisir à libérer des livres. 


    


Une vieille tante qui ronchonne. 
Des enfants qui ne peuvent pas retourner sur le toboggan. 
Pourquoi rester sage sur le banc alors qu'il y a là, juste devant, de multiples jeux ? 
C'est une folie ! Une torture ! 

Acte militant en faveur des enfants !



Peu à peu je me retrouve de l'autre côté du Parc du Thabor...
J'espère que Pomelo appréciera la vue !



Juste le temps de libérer encore quelques livres...




Ma promenade s'achève, avec ces deux livres. 




La fin sera un café à la terrasse de la Brasserie du Thabor, 
Tout en lisant un livre, qui se laisse dévorer, 
en attendant d'être libéré, lui aussi, un autre jour...