dimanche 8 septembre 2013

Le dimanche de la rentrée aux Champs Libres

 

Des livres à rendre, je suis en retard.
Une ballade en vélo, un panier plein de livres.



Sur la place de la mairie, les transats sont rangés.
L'été est fini. Les nuages gris sont revenus.



Seul avantage, la bibliothèque des Champs Libres est de nouveau ouverte le Dimanche !


Toutes ces motos ont-elles un lien avec les Champs Libres ? Je ne sais pas. Pas d'affiche, pas de slogans lancés à haute voix aux passants. Une longue file de motos, là, comme ça.



Cette entrée de la bibliothèque je l'aime beaucoup. Avec ses vitres de couleurs, et cet angle ouvert vers le haut, elle invite à pénétrer dans ses entrailles.
( Pour en savoir plus sur cette installation qui se trouve au premier plan, c'est ICI, sur le site des Champs Libres )


Dans un premier temps, je dépose mes livres, au guichet des retours, et là ... Je me dis "Et merd$&#@+.?!!-**%$£ !"... J'ai oublié ma carte de bibliothèque. Le charmant jeune homme, au point Informations, me le confirme, je ne peux rien emprunter sans ma carte. Maintenant que je suis là, même si je repars les mains vides, je décide d'aller bouquiner un peu.


Voici ce que j'ai lu ou relu ...



Il y a Il était mille fois, un livre rempli de belles choses, de la nouvelle maison d'édition Les fourmis Rouges. Il y a aussi Avril le poisson rouge, dont je suis une très très grande fan. En fouillant dans les bacs à la lettre C, je découvre Il y a un monstre à côté, que je souhaitais lire depuis un moment. Et d'autres livres, piochés au hasard ...


Il y en a tellement, il faudrait des heures, des jours, des mois, pour tout lire...
Pour le moment, j'ai passé un simple morceau de mon dimanche après-midi.




Anecdote ....
Je l'aurai bien mis dehors, sans discussion cet enfant qui hurlait, si fort. Mais c'était étrange, car il criait à s'en arracher les poumons "Je veux lire ! Je veux lire!".

 

 

 

Le dimanche, je relis du Ingrid Chabbert

Ça m'époustoufle.
Comment croire que ces trois livres ont été écrits par le même auteur  ?
Certes, l'illustrateur joue pour beaucoup, mais quand même.
J'ai été emportée par le texte des trois histoires, bien que très différentes. 
Aujourd'hui je relis du Ingrid Chabbert ...

La vérité sort toujours de la bouche des enfants
d'Ingrid Chabbert et Nicolas Gouny
Frimousse, 2012. 

Un album dans lequel un dinosaure se promène, forcément que ça allait me plaire ! 
À chaque page, la petite fille appelle son papa, affolée, par quelque chose d'invraisemblable qui apparaît comme une fourmi géante dans le jardin, des vers dans ses épinards, ou encore un monstre dans sa brosse à dents. Il n'a pas l'air de réagir, jusqu'à la dernière page, lorsque la maman rentre et qu'elle est accompagnée de toutes les créatures étranges. 



Lu également par 3 étoiles. 

Indira l'indépendante
d'Ingrid Chabbert
Couverture illustrée par Elis Wilk
zoOm éditions, 2013. 

Quatrième de couverture: 
Indira, fille de bonne famille indienne, est envoyée en Angleterre pour y poursuivre et y parfaire son éducation. élève studieuse mais révoltée par la misère de l'Inde, son pays, Indira se lie d'amitié avec un jeune britannique qui lui fait pénétrer un cercle de jeunes activistes révolutionnaires. La jeune fille se retrouve confrontée à des choix: l'amour et la violence ou le renoncement et la paix. 

A priori, on aurait pu penser que ce livre, je l'avalerai vite. Il est peu épais, l'écriture est large, et les lignes espacées. Il ne me fallut pas plus d'une heure pour le lire. Mais il m'attend depuis un moment déjà. Je voulais faire ce Dimanche, je relis sur Ingrid Chabbert. Un livre attendait que j'en lise un autre, pour se faire entendre. 
J'ai aimé cette tranche de vie, d'Indira Priyadashini, dont je ne connaissais pas l'existence. Désormais, je veux en savoir plus sur l'histoire de l'indépendance de l'Inde. 
Pourquoi avoir attendu alors ? Car je n'aime pas l'image sur la couverture. Ce corps fait de morceaux assemblés, il ne m'a pas donné envie de tourner les pages. Pourtant l'habit ne fait pas le moine. Ce livre je l'ai lu d'une traite et je suis contente d'être allée plus loin que la couverture. Je voulais savoir à quoi faisait allusion ces mots en italique à la fin de chaque chapitre. Une bombe ? Un attentat ? Où ? Quand ? 

Un morceau d'Histoire d'un pays situé à l'autre bout de la planète. 
Un morceau d'Histoire pourtant très lié à l'Europe. 
À lire . 


La dernière fois, lorsque j'avais lu un livre d'Ingrid Chabbert, 
il s'agissait de Un jour, mes parents viendront, publié par ALICE Jeunesse, en 2013. 


samedi 7 septembre 2013

Henri, un prénom pas comme les autres

Henri .... Henri .... HENRI ! Voici un prénom, qui sonne de manière particulière à mon oreille. 
L'année dernière au Salon de la Presse et du Livre pour la jeunesse de Montreuil, je découvre Henri va à Paris. C'est drôle, c'est un signe. Le Henri que je connais vient de s'installer à la capitale. On me regarde de travers, lorsque je demande si les auteurs seront sur le Salon en dédicace. Saul Bass est mort en 1996 ... Non, je ne savais pas. Je ne connaissais pas ce nom. Un autre regard de travers. Je paye. Je pars avec mon livre sous le bras. Henri va à Paris, avec sa couverture orange, cette immense forêt verte, autour de la maison de ses parents, ne fait pas ses 50 ans. Car oui, la première édition de ce livre date de 1962... Voici un livre à découvrir, sans en savoir plus, car tout est dans l'effet de surprise. Ce fut une très très bonne idée d'éditer enfin ce livre en français ! 

Pourquoi ne parler d'Henri va à Paris que maintenant alors que je le possède depuis novembre dernier ? Car Henri, ce n'est pas un prénom de personnage de livre, très courant, et que ce deuxième album m'a donné envie de les combiner ! Il s'agit d'Henri ne veut pas aller au centre de loisirs. Lorsqu'on veut envoyer Henri au centre de loisirs, celui-ci refuse et préfère aller au travail de son tonton. Henri a cinq oncles, avec des métiers, qui peuvent faire rêver: pompier, agriculteur, conducteur de métro, conducteur d'engins et gardien au musée de l'Horlogerie ancienne. (Bon celui-là... Henri ne le testera pas!) Du lundi au jeudi, Henri accompagne ses oncles pendant leur journée de travail. Il se rend compte rapidement que conduire un tracteur, c'est drôle 10 minutes, mais à la longue ça devient répétitif, et qu'il en est de même pour le camion de pompiers et le métro. Alors le vendredi il accepte d'aller au centre de loisirs, et il aime ça ! 



Alors pour moi, ces deux albums ont une saveur particulière. Dans les pieds de l'un, je vois ceux très grands, du Henri que je connais, et dans le regard bougon de l'autre, je vois celui du vrai Henri. Deux albums très différents, que je conseille à tous les Henri, et à tous les autres. 

Henri va à Paris
Histoire de Léonore Klein
illustré par Saul Bass
Hélium, 2012. 
Édité pour la première fois aux États-Unis en 1962. 

et

Henri ne veut pas aller au centre de loisirs
de Christophe Nicolas
et Ronan Badel
Didier Jeunesse, 2013. 


Un autre album des mêmes auteurs, Christophe Nicolas à l'écriture, et Ronan Badel aux illustrations:


Gros coup de coeur. S'il fallait n'en choisir qu'un, je prendrai Harry, plutôt qu'Henri, 
Mais chut ! Il ne faut pas le dire à Henri ! 

vendredi 6 septembre 2013

Michel Galvin aura-t-il une Pépite ?

Ils sont 19, à être présélectionnés dans la Sélection Album, pour les Pépites du Salon du livre et de la presse jeunesse, à découvrir ICI. Parmi eux ...

Le vilo de Torticolo
de Michel Galvin 
Le Rouergue, 2013. 

Quatrième de couverture: 
Et puis ces polissons de poissons qui se poilent en pédalant en pères peinards ... Pas vu pas pris ... et puis tant pis !!! ...

Il serait plaisant de vivre dans une ville construite selon les plans de Michel Galvin. Une ville haute en couleurs, une ville pleine de rayures. Une ville avec des ponts, et des routes en hauteur. Une ville dans laquelle les dimensions sont étranges, et les proportions changeants. J'adore ! 

Au sujet de l'histoire, l'éditeur nous dit : 
Monsieur Torticolo a un vilo qu'il ne veut pas prêter à Mme Croulette sous un mauvais prétexte: ce vilo serait en passe. Mais voici que Monsieur Torticolo fanfaronne sur sa bicyclette pour se payer la tête de Mme Croulette. Celle-ci va en faire part à sa voisine Mme Bisbille-Gourmandine. Toutes les deux, elles vont préparer une belle vengeance dans laquelle personne ne sortira vraiment innocent ...
Une broutille entre voisins, tourne au pugilat. Ils sortiront l'artillerie lourde en s'apercevant que l'un et l'autre se sont fait des vacheries. Le vilo ou vélo sera le grand perdant dans cette affaire, sauf s'il était fan de la plongée sous-marine ! Un style graphique auquel j'adhère complètement une histoire qui fait réfléchir à la vengeance, et dans laquelle on se demande qui a tort, qui n'a pas tort.

Gros coup de coeur pour l'illustration de la double-page, lorsque Monsieur Torticolo riposte en la bombardant à l'aide de son canonagadoue !!.  Une cartouche d'encre aurait-elle explosé ? Il y a des éclaboussures et des traînées noires. 


L'auteur Michel Galvin, et ses albums un peu décalés je les ai découverts grâce à l'association Nantes Livres Jeunes*. Je n'ai pas donné mon avis pour tous, mais je vous conseille le travail de ce créateur dans son ensemble. C'est étrange, bizarre, surprenant, et j'adore ça  ! Voici les trois autres livres que j'ai lus. Mention spéciale pour Le grand trou américain . 


Le grand trou américain de Michel Galvin, Le Rouergue, 2012. 
L'avis de Sophie Van der Linden, pour ce livre, sur son blog : LÀ. 



C'est un monde, de Michel Galvin,  Seuil Jeunesse, 2009.
Mon avis à lire ICI. 


L'étroit cavalier de Michel Galvin, Seuil Jeunesse, 2006. 


*Au fait, ça sert à quoi Nantes Livres Jeunes ?

L'association Nantes Livres Jeunes, qui souhaite faire connaître la production éditoriale francophone pour la jeunesse, s'est donné pour objectif de :
--> animer un réseau d'adultes afin de mettre en oeuvre un travail de réflexion critique sur l'édition francophone pour la jeunesse, à partir de comité de lecture
--> concevoir et diffuser des outils de critique et de réflexion sur cette production, notamment par le biais de la base de données Livrjeun
--> entretenir des relations suivies avec des éditeurs et tout partenaire intervenant dans ce domaine
--> organiser ou susciter des rencontres, conférences, colloques et cycles de formation autour du livre francophone pour la jeunesse ou de s'associer à de telles initiatives.

Plus d'infos : ICI. 

jeudi 5 septembre 2013

Les enfants de Willesden Lane - Mona Gobalek et Lee Cohen

Les enfants de Willesden Lane
Au-delà de l'histoire du Kindertransport, un témoignage sur la musique, l'amour et la survie
de Mona Golabek et de Lee Cohen
Hachette, 2013.

Présentation de l'éditeur: 
1938. Vienne. Lisa Jura est juive. Lisa est aussi un prodige de la musique, une pianiste de génie âgée tout juste de quatorze ans. Et Vienne, capitale de la musique qui a vu se succéder Mozart, Beethoven, Schubert et Liszt, est devenue depuis peu une patrie hostile, voire dangereuse pour elle, rongée de l’intérieur par la barbarie nazie. Lorsqu’on offre à ses parents l’opportunité de sauver l’un de leurs enfants en l’envoyant loin, à l’abri, en Angleterre, le choix est difficile : c’est Lisa qui partira. Quand elle monte à bord du train qui doit l’emmener à Londres, Lisa est consciente qu’un grand avenir s’offre à elle, et qu’elle doit vivre pour sa famille qui se sacrifie pour elle. Sauf que rien ne se passe comme prévu. Lisa échoue au 243 Willesden Lane, un foyer pour enfants dans une ville ravagée de la Seconde Guerre mondiale.


Des trains entiers d'enfants, seuls, non-accompagnés de leurs parents. Ils viennent d'Allemagne ou d'Autriche. Direction LONDRES. Échapper au régime nazi, aller ailleurs, même si cela implique couper tout lien entre les parents et les enfants. Sur place, trouver des familles d'accueil, s'assurer que les enfants sont bien logés, ne pas se faire exploser par les bombes qui tombent sur la capitale de l'Angleterre. Ces milliers d'enfants font partie de ce qu'on appelle le Kindertransport, qui a eu lieu entre 1938 et 1940. Ensuite... il a fallu que la guerre se termine. Il a fallu essayer de vivre, sans nouvelles des autres, rester là-bas, à l'Est. 

Avec ce roman, j'ai découvert une autre facette de la Seconde Guerre Mondiale. Depuis quelques mois, je perçois cette Guerre autrement, grâce à des romans pour ados. Ce n'était pas recherché, ce roman est venu jusqu'à moi. Il est arrivé un matin dans ma boîte aux lettres, le soir, il était lu. J'ai vu la luminosité diminuer, sur les pages, au fil de ma lecture, peu à peu le soleil s'est couché, et moi je lisais. 

Lisa Jura, a réellement existé, Mona Golabek est sa fille. Être pianiste était vraiment son métier. Se dire que ces instants vécus, même s'ils ont été un peu arrondis ou aiguisés par le temps, se sont véritablement déroulés, m'a encore plus donné envie de plonger dans cette histoire, de parcourir avec Lisa les rues de Londres, en guettant d'une oreille les missiles ennemis, de chercher de l'espoir en l'écoutant jouer du piano. 

Un roman Coup de coeur de cette rentrée littéraire. 

Pour en savoir plus ...

Sur le Kindertransport, ICI.
Sur Mona Golabek, la fille de Lisa Jura, LÀ.