lundi 2 septembre 2013

De l'art de transformer un livre en ebook - Coup de gueule -

Il y a ceux qui sont POUR, et ceux qui sont CONTRE, 
Il y a ceux qui donnent leur avis, sans jamais avoir essayé. 
Parfois, régulièrement, assez souvent, je lis en numérique, 

Lors de mes recherches sur les livres avec des dentistes, des Petites Souris & Co, j'ai été agréablement surprise de découvrir des livres de ma bibliothèque réelle, en vente en format numérique, sur Amazon*. Ni une, ni deux, en quelques secondes et pour une dizaine d'euros dépensés pour les trois, me voici avec trois nouveaux livres dans ma bibliothèque virtuelle, de mon application Kindle, sur iPad.  

Trois livres que je connaissais déjà, que j'avais feuilletés en vrai. 
Trois livres qui me rassurent et/ou qui me désespèrent sur l'avenir du ebook, ou livre numérique.  
Trois exemples sur ce qui est bien et ce qui est une ARNAQUE complète pour le lecteur ....

Le premier est album pour tout-petits, lorsqu'Apolline joue avec sa brosse à dents et son doudou. 

La brosse à dents
Les petites vies d'Apolline
de Didier Dufresne et Armelle Modéré
Mango Jeunesse, 2004. 


Dans ce cas, l'adaptation numérique pourrait paraître assez simple, une illustration par page, avec une ligne de texte. Lorsque l'on tapote sur la tablette, l'image s'agrandit pour prendre toute la place. Les illustrations sont de bonne qualité. Par contre lorsque l'on décide de modifier la taille du texte, ce qui peut être utile lorsque l'adulte lisant le livre est malvoyant, tout se décale. L'illustration ne correspond plus au texte. Tout se mélange. J'ai supprimé le livre de l'application, retéléchargé,  puis relancé l'application.... Ça se remet, mais pas vraiment. Un peu aléatoire tout ça ! J'avais juste voulu tester les capacités de cet ebook...

Et pourtant le livre numérique n'est-il pas là pour apporter quelque chose en PLUS par rapport au livre papier ? 

C'est encore pire avec Les merveilleuses histoires de la Petite Souris, initialement publié chez Fleurus en 2010. 


Il est question d'un livre numérique, et pourtant ce n'est qu'une vulgaire photocopie de mauvaise qualité  du livre. La double-page est indivisible, alors pour pouvoir lire le texte, l'image doit être agrandie... Oui, mais là, c'est une HORREUR car le texte est pixellisé, et il devient illisible. 


Malgré ma déception, je continue à explorer les autres possibilités de cet ebook, que je ne peux même pas lire... Aucune possibilité de changer la taille du texte, ou autres paramètres d'écriture, et en ce qui concerne la navigation, elle est réduite à son minimum, début ou fin, au choix. Sauf que ce livre, présent en format papier dans ma bibliothèque est un recueil de plusieurs histoires... Une table des matières pour naviguer de l'une à l'autre, cela aurait pas mal, non ? D'un autre côté naviguer d'une histoire à l'autre, alors que l'on ne peut pas les lire, c'est vrai que ce n'est pas utile...


À qui me plaindre ? À l'éditeur, qui a osé mettre un tel livre sur le marché ? (S'ils ont besoin de lecteurs-testeurs de numérique, je suis partante, ça ne pourra pas être pire que ce livre ...) Au revendeur ? 

Pour finir un roman illustré pour jeunes lecteurs, 

Le dentiste est un vampire
de Gudule
Le livre de poche, 1996, 2000, 2006, 2007. 

Quatrième de couverture: 
Zoé a des caries et se retrouve dans le fauteuil du dentiste. Horreur ! Elle voit dépasser de sa bouche deux longues canines ! Va-t-elle, elle aussi devenir un vampire ? Vite elle cherche un contrepoison, car au prochain rendez-vous il sera trop tard. 

Toutes les possibilités de changements de taille du texte, de la couleur du fond, de la largeur du paragraphe, de la disposition en une ou deux colonnes sont disponibles (et fonctionnent!). Ce livre est pleinement accessible au jeune lecteur. Mais ... car oui il y a quand même un Mais..., les illustrations qui étaient présentes au sein du texte ont été enlevées. Je pense que c'est une facilité pour ne pas avoir des problèmes de disposition texte/image, comme dans le premier livre.  
Tout ce que je retiens pour ce livre, c'est qu'il est lisible (c'est quand même dingue, de dire ça... Je n'en reviens pas que l'on puisse vendre des livres illisibles... Bref!), de manière modulable, et agréable. Le texte de Gudule est toujours aussi drôle. Le lecteur se créera ses propres images de Zoé. 

Le chemin sera long encore, vers des bibliothèques numériques de qualité, où les livres numériques auront des avantages que les livres sur papier n'ont pas, et vice versa. Mais je reste persuadée que les livres numériques peuvent apporter beaucoup aux lecteurs, car ils ne prennent pas de place, qu'ils sont téléchargeables sur l'instant, qu'ils augmentent les possibilités de lecture des malvoyants (lorsque les livres sont bien conçus), et ... qu'ils seront moins chers un jour, qu'ils seront interactifs, et bourrés d'informations intéressantes... Un jour... Le chemin sera long...


*Certains polémiques sur cette plateforme, mais personnellement je la trouve pratique pour les livres numériques, même si comme je l'ai dit plus haut, tout n'est pas de bonne qualité, lorsque l'on sort des romans, avec du texte, du texte et rien que du texte. Je n'ai pas regardé s'ils étaient vendus par d'autres plateformes de ventes de livres numériques, et je ne les ai pas testés sur un autre support que l'iPad. 

dimanche 1 septembre 2013

Le dimanche, je (re)lis des romans de Jenny Smith

Il y encore une illustration de Diglee sur la couverture,
Une fois encore, c'est ce qui m'a attiré dans ce roman de Jenny Smith, 
Une adolescente pleurnichante avec un sweat à tête de licorne et un legging étoilé, 
L'année dernière j'avais lu Le journal de Katie Sutton, 
Cette année, il s'agit de Ma vie toute pourrie. 


Sam fait des listes avec des Plus et des Moins pour tout est n'importe quoi. Elle n'arrête pas de se plaindre, comme un peu tous les adolescents, j'ai envie de dire... ! Sa meilleure amie ou sa BFF (Best Friend Forever) vient de déménager, elle se sent complètement abandonnée. Son monde s'écroule, elle n'y survivra sûrement pas... Alors que si, bien sûr, TOUT va s'arranger. Son père se réveille et fait ENFIN des efforts pour montrer à sa mère qu'il l'aime. Elle retrouvera une amie d'enfance, qui deviendra sa deuxième meilleure amie. Elle tombera amoureuse, et après s'être plainte pendant 270 pages qu'il ne l'aimait certainement pas en retour, il lui fait sa déclaration et l'embrasse langoureusement à 2 pages de la fin du roman... 

Aaaaahhhhhhhhhh !!!!! Comment ça, je suis ODIEUSE de vous avoir dévoilé la fin ?!

C'est vrai qu'on ne s'en doute PAS DU TOUT ! On ne voit RIEN venir ! Ce fut une lecture plaisante, mais sans aucune nouveauté dans la littérature pour adolescents...

S'il fallait en choisir qu'un, je vous conseillerai plutôt l'autre roman de Jenny Smith, La journal de Katie Sutton, que j'avais trouvé plus intéressant, et nettement plus drôle. Toujours une histoire d'adolescente, mais avec beaucoup d'humour sur la relation parents/adolescents. 

Le journal de Katie Sutton ou Comment gérer ses parents sans peine
de Jenny Smith
Nathan, 2012.


Pour savoir ce que j'avais dit de ce roman en 2012.... ICI. 

samedi 31 août 2013

Le formidable voyage de Missi Beaumont - Ingrid Law

Cet été, je suis partie quelques jours en vacances,
Dans mon sac, cinq ou six romans, largement de quoi lire pour ces quelques jours,
Et puis en arrivant chez les Soeurs JACk, la plus grande me tend ce roman,
En me disant : "Je viens de le finir, il est trop bien!"

Cet été, je suis partie quelques jours en vacances,
Et j'ai commencé par lire ...

Le formidable voyage de Missi Beaumont
d'Ingrid Law
Collection MilleZime
Bayard Jeunesse, 2013.

Quatrième de couverture:
Depuis qu'elle est toute petite, Missi Beaumont attend son treizième anniversaire. Car, dans sa famille, chacun est doté d'un pouvoir qui se manifeste ce jour-là. Son frère aîné peut produire de l'électricité, et le cadet, déclencher des tempêtes. Quant à sa mère, elle fait tout parfaitement. Missi, elle, aimerait savoir voler ou remonter le temps.
Mais la veille de sa fête, son père a un accident de voiture et il est hospitalisé loin de chez lui. Décidée à le rejoindre coûte que coûte, Missi monte clandestinement dans le car d'un livreur de bibles, rejointe par ses frères et deux voisins de leur âge. Missi va découvrir son pouvoir mais ausis l'amitié et l'amour ...


Se découvrir plus grande, savoir que l'on grandit et que notre corps n'évolue pas forcément comme on le souhaiterait, les joies de l'adolescence. Dans la famille Beaumont, tout bascule à 13 ans. Malheureusement Missi se retrouve dans une maison bouleversée le jour de son anniversaire. Rien ne se passe comme prévu. Elle a besoin d'aller voir ses parents. Elle doit voir son père souffrant et discuter avec sa mère. 
Un voyage semé d'embuches, une autre manière de mieux se connaître. Missi en saura plus sur elle-même, mais aussi sur ses frères avec qui elle vit cette aventure. Dans cette famille, il y a ce secret, chacun a un pouvoir. Mais dans les autres familles, il y a aussi des secrets, bien gardés. Missi s'en aperçoit au fil de ce roadtrip, en discutant avec Will.

Il y a une touche de ce n'importe-quoi, la rencontre avec une famille particulière, et ce mélange de personnages qui, a priori, n'auraient pas réussi à se supporter. J'aime les livres comme ça. Grâce à l'écriture d'Ingrid Law, j'ai basculé dans ce bus, sur les routes des États-Unis avec Missi. J'avais envie de m'asseoir avec elle à côté des cartons pleins de bibles roses et de voir les tatouages de Lester, car en ce qui concerne le pouvoir de Miss, il y a une histoire étrange de tatouages...

Ce roman fut un coup de coeur, je le recommande à tous, à partir de 10 ans



La couleur jaune et l'image du bus, mais aussi l'histoire un peu déjantée de cette famille et de ce roadtrip, m'ont fait penser au film Little Miss Sunshine. Je l'avais adoré. Même si tout ne se passe pas bien lors du voyage, chaque membre de la famille en apprend un peu plus sur les autres pendant une aventure pleine de rebondissements. 



 

vendredi 30 août 2013

Le coeur des louves - Stéphane Servant

Le coeur des louves
de Stéphane Servant
Collection doado
Rouergue, 2013.

Quatrième de couverture: 
Célia est arrivée seule, à la fin de l'été. Livrée à elle-même dans la vieille maison, elle attend sa mère. Le village est toujours pareil, perdu au fond de la vallée, avec ses montagnes couvertes de forêts et son lac Noir. Leur retour réveille de vieilles histoires. Celles d'une grand-mère à la réputation sulfureuse. Car ici, tout le monde se connaît depuis toujours. On s'aime trop ou on sa hait et ce sont les hommes qui font la loi, par la force s'il le fait. Pour découvrir ce qui se cache sous la surface des choses, elle devra se tailler un chemin, entre mensonges et superstitions. 
Et se faire louve pour ne pas être proie. 


Ce livre attend patiemment sur mon bureau. Il m'est toujours difficile de parler des livres qui m'ont dérangée, bouleversée, émue. 

Comment parler de ce roman ? 
Comment vous donner envie de le lire, tout en disant également qu'il est dur, sombre, et triste ? 
Comment laisser filtrer dans mes mots, cet univers particulier qu'est un village perdu au milieu des montagnes, dans lequel tout le monde se connaît, ce qui est bien, mais aussi lourd à porter ? 
Comment évoquer ces liens familiaux compliqués, mais si forts entre les trois femmes ? 

Comment vous dire, que je me suis sentie louve au milieu de la forêt en pleine nuit à la lecture des mots de Stéphane Servant ?

Il y a les récits de deux jeunes filles, qui semblent s'intercaler, au début du roman. Puis ... Je réfléchis aux mots à utiliser... J'ai envie de parler de la construction, de ces chapitres qui s'alternent. Des jeunes filles qui grandissent. Des amitiés qui se créent sur fond de passé plein de non-dits et de secrets lourds à porter. Des liens qui se dévoilent peu à peu entre les personnages. Mais je ne veux surtout pas gâcher la surprise et toute la richesse de ce livre. L'auteur réussit à nous plonger dans les vies de ces femmes, qui ont toutes un lien entre elles en fin de compte. On découvre peu à peu ce qui a pu se passer, ce qui aurait du se passer, ce qui s'est réellement passé. 

Les révélations font froid dans le dos par moment. La vie peut être cruelle, surtout quand l'on vit dans un village de petite taille, sans beaucoup de communication avec l'extérieur. Chacun sait, mais tous se taisent. Les murmures transportent des histoires qui s'amplifient avec le temps et les générations. 

Les louves grognent, comme on aimerait faire exploser sa colère. Les forêts donnent un sentiment de liberté, mais renferment sur soi-même. Les relations humaines demeurent compliquées.

Un roman COUP DE COEUR. 

Un de ceux que je conseillerai pendant un petit moment. Un de ceux que je relirai quand j'en aurai le temps. Un de ceux qui laissent une marque dans ma vie de lectrice. Un de ceux, dont la lecture donne l'impression d'avoir changé, grandi, mûri. Un de ceux que je vous conseille chaudement.

jeudi 29 août 2013

Cupidon Power - Luc Blanvillain

Cupidon Power
de Luc Blanvillain
L'école des Loisirs, 2013 (Il sort aujourd'hui même d'ailleurs, sauf erreur de ma part !)

Présentation de l'éditeur: 
J’ai un superpouvoir.
Si j’avais pu choisir, j’aurais pris Superman, Batman, ou Dieudufoot, comme tout le monde. Mais je n’ai pas eu le choix. Je n’ai rien demandé.
Mon superpouvoir m’est tombé dessus un jour à la récré. J’ai transmis un message à une fille de la part d’un garçon, et hop, c’était parti. Elle était amoureuse de lui. Désormais, ça marche à tous les coups, pour tout le monde, sauf un.
Mon pouvoir, je n’ai pas le droit d’en profiter moi-même pour que Célia Walkington, la plus belle fille du monde, me dise oui plutôt que non. C’est injuste, et c’est dur à supporter.
Heureusement, je ne suis pas seul dans l’épreuve.
J’ai mon chien, Tilby, mon petit frère, Milo, ma meilleure amie, Dorothée. Et puis madame Yvonne, qui est très vieille et très cultivée. C’est elle qui a trouvé le nom de mon superpouvoir, celui du dieu de l’amour dans l’Antiquité : Cupidon, Cupidon Power.
C’est elle aussi qui va me donner quelques idées pour l’utiliser autrement…


Pour ce qui est de l'histoire, tout ce qui précède, suffit largement. En ajouter, serait criminel ! Loin de moi l'idée de vous révéler comment Mme Yvonne va devenir l'idole de deux mafieux russes... Je m'égare... 
Un roman drôle, dans lequel on retrouve la vie au collège. Les couples qui se forment, l'envie d'être avec untel ou untel. Mais cela ne serait pas un bon roman, ou une histoire qui emporte, s'il n'était que la pâle copie de ce que l'on vie quotidiennement. Luc Blanvillain tire l'intrigue par les cheveux, et embarque le lecteur dans des aventures un peu farfelues, mais tellement plaisantes. 

On rit, même si parfois il y a un peu trop de coeurs dégoulinant du Cupidon Power. D'ailleurs cette Célia Walkington est-ce si bien d'être son prince charmant, aimé à la folie ? 

Dans les actualités de Luc Blanvillain, la sortie au Livre de poche, la semaine prochaine du roman Un amour de geek, que j'avais beaucoup aimé, peut être aussi car je suis amoureuse d'un geek !